Consoude au jardinEn permaculture comme dans le jardinage biologique, ce sont toujours les solutions naturelles qu’il faut privilégier. On vise avant tout chose une forme de résilience pour l’harmonie générale du jardin et du potager. A partir de là, il est possible d’envisager le traitement des plantes par les plantes. En effet, certaines d’entre elles qui nous entourent  peuvent être utilisées comme traitement pour prévenir ou traiter certaines maladies potagères, ce sont dans la grande majorité des herbes spontanées qu’on qualifie (à tord) de « mauvaises herbes » dans le jargon du jardinier. Cependant, ces plantes possèdent des principes actifs et propriétés intéressantes pour le jardinier bio et naturel. Voici ce que vous devez savoir sur le sujet …

 

Soigner les plantes par les plantes

On peut traiter les plantes (maladies, parasites, champignons) avec les propriétés naturelles d’autres plantes. Cela permet de préserver le côté résilient d’un jardin en permaculture, mais aussi d’éviter le recours à des techniques peu naturelles ou agressives pour les plantes. Face aux nombreux problèmes qui menacent un jardin, il existe des solutions adaptées qui vous évitent d’utiliser des produits chimiques, pesticides et autres traitements. En plus d’être naturelles, ces solutions sont aussi puissantes, simples et économiques. Elles ne présentent que des avantages. Alors, comment soigner les plantes par les plantes ? La liste des plantes présentée ici n’est pas exhaustive. Il existe en principe une solution naturelle pour chaque problème rencontré dans le jardin.

 

Diagnostiquer avant de soigner

Avant d’appliquer tout traitement à une plante, il est indispensable de prendre le temps de l’observer et de comprendre quel est le mal qui l’atteint. Repérer un dysfonctionnement ou une maladie permet d’agir rapidement et efficacement sur les plantations. Le tout, sans avoir recours à des solutions de synthèses ou non naturelles. Les plantes sont dotées de propriétés puissantes, qui peuvent, pour certaines, servir à traiter les maladies et autres maux qui touchent leurs semblables. Elles s’utilisent alors en infusion, en purin, en décoction ou en macération. Il est essentiel de poser le bon diagnostic avant de traiter les plantes par les plantes. Non seulement cela vous évite des efforts inutiles, mais cela permet aussi de préserver l’équilibre qui existe dans le jardin.

 

Prévenir les maladies et invasions

Pour garder un jardin sain, il est préférable de prévenir, plutôt que de guérir. Pour cela, on peut prendre le pli …

  1. D’espacer les végétaux et de choisir des plantes adaptées au climat de sa région.
  2. D’opter pour des variétés naturellement résistantes et arrosez essentiellement leurs pieds, et non leurs tiges et feuilles.
  3. De penser aussi à pratiquer la rotation des cultures afin de rompre le cycle des maladies liées au sol et aux parasites.
  4. De penser à renforcer les défenses des plantes grâce aux propriétés stimulantes d’autres plantes comme la prêle, la consoude ou encore l’ortie !

Certaines plantes agissent comme de véritables répulsifs, qui, correctement utilisées, permettront d’éloigner les dits « nuisibles » et parasites. D’autres sont de parfaits fongicides et empêchent les champignons de s’installer. En bref … fongicides, répulsifs, stimulants et insecticides naturels se cachent dans certaines plantes. Voici comment les utiliser au quotidien.

 

Les plantes fongicides

Certaines plantes sont naturellement dotées de propriétés fongicides, à l’image de l’oignon ou de l’ortie. Ces variétés s’avèrent donc particulièrement efficaces pour prévenir et pour traiter certaines formes de maladies dues à des champignons. Les plantes en question sont l’oignon, l’ortie, la prêle, le raifort, la sarriette et la tanaisie. Leurs propriétés antifongiques s’avèrent bénéfiques contre la rouille, la tavelure, la prévention du mildiou, la cloque, la moniliose et l’oïdium. L’oignon, la sarriette et la tanaisie s’utilisent en infusion diluée à 20 %. L’ortie en purin dilué à 15 % et le raifort en décoction diluée à 20 %. Enfin, la prêle et la tanaisie s’utilisent aussi en macération durant trois à quatre jours, diluées à 15 %.

 

Les plantes insecticides

L’ail, la fougère, le pyrèthre, la tanaisie, le sureau et la tomate sont de puissants insecticides naturels. Elles aident à prévenir l’apparition de pucerons, de mouches oignon, les acariens ainsi que les taupins. Certaines sont aussi utiles contre les piérides, les aleurodes et les altises. Ces plantes éliminent et préviennent les invasions d’insectes. L’ail agit à la fois contre les acariens, les mouches oignons et les pucerons. La fougère est plus utile pour lutter contre les taupins ou les limaces. Le pyrèthre est efficace contre les acariens, les pucerons et les aleurodes. Quant au sureau, c’est un insecticide naturel particulièrement utile contre les pucerons, les thrips et les piérides. La tanaisie, en plus d’être fongicide, agit aussi contre les aleurodes et les altises. Enfin, la tomate agit contre les thrips et les piérides avec efficacité.

 

Les plantes répulsives

L’absinthe est un puissant répulsif naturel, tout comme le lierre, la rue, la lavande et l’euphorbe. Il en est de même pour la capucine. Ces plantes éloignent les insectes et préviennent les invasions dont ils peuvent être à l’origine. L’absinthe est répulsive contre les pucerons, les piérides et les limaces. Elle s’utilise en infusion ou en décoction diluée à 15 %. La capucine est répulsive contre les pucerons et les mouches blanches lorsqu’on la dilue à 25 % dans une décoction. L’euphorbe permet d’éloigner les limaces et les taupes en traitement de cinq jours, diluée à 15 % dans une macération. La lavande est efficace contre les pucerons et les fourmis. Pour cela, il faut la diluer à 15 % dans une infusion. Le lierre repousse les pucerons, les aleurodes et les fourmis lorsqu’on la dilue à 10 % dans une macération. Enfin, diluée à 60 % dans une macération, la rue éloigne les rongeurs.

 

Les plantes stimulantes

Certaines plantes possèdent des propriétés stimulantes sur leurs congénères, et en favorisent le développement. Il s’agit de l’achillée, de la bardane, de la camomille, du purin d’orties, du pissenlit et de la consoude. Elles s’utilisent en infusion, en purin, en macération et décoction. Ainsi utilisées sur d’autres plantes, elles en renforcent l’immunité et la flore microbienne. Attention toutefois à ne pas abuser de ces stimulants à certains stades de la croissance car, cela peut provoquer la croissance excessives du feuillage, le rendant très beau et résistant mais la plante ne focalisera pas son énergie à la production de fleurs et de ses fruits. De ce fait, ces traitements sont à utiliser avec parcimonie.

 

Pour conclure …

Il y a beaucoup à dire sur ce sujet. A mon humble avis, ces solutions ne doivent pas être vu comme des remplacements à des produits chimiques, seulement comme des petits coup de pouce à la nature … Dans nos jardins-potagers amateurs, je pense qu’il est (dans un premier temps) important d’axer sur la fertilité de votre terre car tout est dans le sol ! C’est le support de vos plantes dans lequel, elles trouvent l’ensemble des éléments nutritifs indispensables à leur bonne croissance. Une plante bien nourrit, sans carence, qui pousse dans un sol fertile sera naturellement plus résistante aux attaques de ravageurs ou aux développements de certaines maladies (à conditions de mettre en place des gestes préventifs de bases bien sûr) … C’est pourquoi, ces traitements même s’ils sont naturels doivent être utilisés sans excès.

 

Et de votre côté, que pensez-vous de tout ceci, des traitements à base de plantes etc … ? Je vous invite à utiliser les commentaires pour partager votre expérience et avis sur le sujet.

 

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