Suite à la publication d’hier sur la prêle et son utilisation en permaculture. J’ai reçu plusieurs questions sur comment s’en débarrasser naturellement lorsqu’elle pousse spontanément dans le jardin. En effet, cette plante très ancienne a tendance à envahir l’espace par le biais d’un système racinaire traçant et s’enfonçant profondément dans le sol, ce qui rend l’arrachage et le contrôle manuelle (presque) inefficace, surtout lorsque toutes les conditions à son bon développement sont réunit ! Et malgré les bienfaits de cette plante vivace que ce soit d’un point de vue médicinale, ou dans sa capacité à accueillir diverses espèces d’insectes et d’animaux, ou pour lutter contre les maladies cryptogamiques courante au jardin-potager. Je peux comprendre que vous cherchiez à limiter son expansion tout en conservant quelques pieds. De ce fait, voici quelques pistes à explorer pour limiter naturellement la propagation de prêle dans votre jardin

 

La prêle : Une plante bio-indicatrice du sol

Avant de chercher à vous en débarrasser, il faut également savoir qu’il s’agit d’une plante bio-indicatrice de la qualité de votre sol. Généralement, la prêle se développe dans des zones humides, prêt ou au dessus d’une nappe d’eau et si elle recouvre une surface importante du jardin, il y a de fortes chances que votre sol soit lourd, avec un ph acide, très humide et probablement tassé. De part ce constat, il va falloir modifier l’ensemble des propriétés physiques et chimiques de votre sol mais … Cela ne se fait pas du jour au lendemain et peut prendre plusieurs saisons. De plus, omme toujours lorsque nous parlons de plantes sauvages (ou mauvaises herbes), elles ne sont pas là par hasard. La prêle (par exemple) remplit une fonction écologique qui consiste à rétablir l’équilibre d’un sol très pauvre en silicium. Bien entendu, cela prend des années à la nature mais une fois cette carence (entre guillemet) corrigée, la prêle disparait, laissant la place à une autre faune spontanée avec une optique de constante amélioration du sol. Cette aparté étant faite, passons aux méthodes pour vous en débarrasser ou du moins limiter son expansion …

 

Méthode 1 : Semer des engrais verts

Après avoir “nettoyé” la surface en passant la tondeuse et après avoir travaillé le sol de manière à ce qu’il soit apte à accueillir un semis. L’idée est de faire un mélange d’engrais vert composé d’une plante de la famille des crucifères qui vont ainsi se développer rapidement et concurrencer la pousse des adventices (ici de la prêle) avec une plante de la famille des graminées qui ont la particularité d’améliorer la structure générale du sol et donc de le décompacter petit à petit. A cela, vous pourriez ajouter un engrais vert de type légumineuse qui ont la particularité de capter l’azote de l’air pour en restituer une partie dans le sol. La prêle n’aime pas beaucoup l’excès d’azote, ce qui nous conduit à l’approche suivante …

 

Méthode 2 : Faire des apports de matières organiques

Toujours dans le but d’améliorer la structure de la terre et de créer des conditions moins favorables au développement de la prêle, vous pouvez faire des apports réguliers et constant de matière organique sur l’ensemble de la surface “à traiter”. Bien entendu, avant cela, passer un bon coup de tondeuse et à partir de là, pratiquez un compostage en surface en apportant vos tontes de pelouse, feuilles mortes, compost et toutes les matières organiques qui vont non seulement couvrir le sol, tout en améliorant sa structure générale comme indiqué plus haut. Cela fait deux fois que je vous parle de la tondeuse et pour cause, elle peut être une méthode à part entière …

 

Méthode 3 : Passer régulièrement la tondeuse sur la prêle

C’est un peu comme les bambous et toutes les plantes ultra résistantes au final ! Il est possible de les épuiser petit à petit en passant de manière régulière la tondeuse dessus. Pourquoi cela peut être efficace ? Tout simplement parce qu’au début de leur développement, le principal objectif des jeunes pousses est de produire de la photosynthèse. En les empêchant de grandir dès le départ de cette recherche de production, on empêche l’ensemble de la plante de se développer (racines + parties aérienne). Pour me débarrasser des bambous que j’avais sur 25 m linéaire dans mon jardin et après en avoir retiré un maximum, quelques pousses continuaient à se développer par-ci, par-là mais à force de passer la tondeuse sur cette zone, au bout de plusieurs années (presque 4 ans au moment où j’écris ces lignes), seul quelques pousses continuent vaguement de se développe. En parlant de photosynthèse, cela nous conduit à la prochaine méthode …

Pour aller plus loin sur la croissance de la prêle et la production de sa photosynthèse : Cette plante se développe en deux temps … Tout d’abord, au printemps dans le jardin, les premières tiges sortent de terre et assurent la reproduction sexuée, ce n’est qu’après que la production de photosynthèse commencent, lorsque ces premières tiges disparaissent en laissant place aux tiges contenant les feuilles qu’on reconnait facilement et bien caractéristiques de la prêle. Passer la tondeuse sur la prêle dès le départ et l’apparition des premières tiges peut déjà aider à la limiter l’expansion.

 

Méthode 4 : la couverture permanente du sol

Bien entendu, la méthode 1 et 2 pour vous débarrasser de la prêle dans votre jardin vont dans ce sens mais je pense tout de même utile de consacrer une partie à la couverture permanente du sol et selon l’endroit où pousse la prêle dans votre jardin ! En clair, si c’est dans le potager, n’hésitez pas pailler le sol mais aussi à arracher la moindre pousse qui se développe à travers le paillis (toujours dans l’idée de priver la plante de sa photosynthèse). Je sais, c’est une lutte permanente et régulière mais, c’est aussi ça le jardinage ! Personnellement, j’ai beaucoup de liseron dans le potager, je le laisse se développer à certains endroits qui ne me gène pas plus que ça mais dans le potager, c’est une autre histoire comme vous pouvez l’imaginer et comme pour la prêle, le lierre ou autres plantes de ce type, à partir du moment où vous souhaitez lutter contre, il faut agir de manière régulière.

 

Conclusion

Il est possible d’opter pour l’ensemble de ces solutions, de les combiner entre elles mais bien entendu, cela dépend de votre environnement, de la taille de votre jardin, de la zone où pousse la prêle mais aussi de votre façon de voir les choses avec une approche en permaculture dans laquelle, cette plante a une utilité dans l’ensemble du jardin et peut même être utilisé pour fabriquer des décoctions et / ou purins. Ce que je vous invite à faire, c’est à compléter cet article via un commentaire avec vos solutions face à la prêle …