Pourquoi et comment bannir le motoculteur ou la bêche de votre potagerLorsqu’on débute dans le jardinage biologique ou la permaculture, certaines idées peuvent être (très) différentes de tout ce qu’on a pu voir et apprendre … Que ce soit auprès de grands-parents, de parents, d’un voisin jardinier ou autre. On essaie naturellement de recopier les gestes qu’on a vu par simple mimétisme. Cependant, si vous commencez à vous passionner par le sujet, que vous cherchez à adopter une démarche plus biologique, naturelle ou encore avec une approche en permaculture. Vous vous rendez vite compte que certains gestes dont le retournement du sol sont à bannir de votre pratique de jardinier. On vous conseille même de ranger vos bêches, votre motoculteur et autres outils permettant de travailler le sol en profondeur … Voyons ensemble pourquoi et quelles solutions adopter concrètement …

 

Le retournement du sol et le non-travail du sol

Dans l’idée, l’usage d’un motoculteur ou d’une bêche dans le potager permet d’aérer le sol en profondeur afin de permettre aux plantes de se développer dans de bonnes conditions, sans rencontrer d’obstacles dans le développement de leur système racinaire. L’eau également est sensé mieux s’infiltrer dans le sol. la réalisation des semis se fait alors sur une terre légère, sans aucune adventices en surface. Cependant, il est possible de créer ces bonnes conditions de culture sans pour autant devoir passer le motoculteur ou utiliser la bêche. Ces pratiques de retournement du sol présente beaucoup d’inconvénients mais ces inconvénients dépendent de votre façon de jardiner. Je m’explique …

 

En effet, si vous jardinez en utilisant des engrais (chimiques) pour apporter aux plantes potagères les nutriments dont elles ont besoins. Alors le retournement du sol ne sera pas une véritable problématique dans le sens où, ces engrais contiennent les principaux éléments nutritifs (Azote, Potassium et Phosphore) directement sous leur forme minérale, c’est à dire directement assimilable par les racines des plantes. Cette pratique est effectivement une façon de voir les choses, mon but n’est absolument pas de critiquer tels ou tels façon de jardiner.

 

L’autre méthode consiste à devoir travailler avec les cycles naturelles au court desquelles chaque élément, que ce soit les principaux (L’azote, le phosphore ou le potassium) + les éléments secondaires tels que le calcium, le fer, le souffre etc … et les oligo-éléments vont se transformer via des cycles plus ou moins complexes en minéraux assimilable par les plantes faisant parfois intervenir de nombreuses espèces qui vont travailler dans le sol à la transformation de la matière. Pour vous donner un aperçu de l’un de ces cycles, je vous propose de lire cet article sur le cycle naturel de l’azote. Via cette approche et dès lors que vous touchez au sol pour le retourner etc … vous perturber cette micro-faune, casser le cycle de différentes espèces de bactéries, champignons et bien d’autres qui ont installer sous vos pieds une parfaite chaine de recyclage, avec un subtil équilibre oeuvrant à la fertilité de votre terre, à la transformation des matières en minéraux assimilable, à l’aération naturelle de la terre etc … Cette approche, sans engrais chimiques oblige donc à comprendre ces cycles naturels et surtout à préserver cette faune souterraine. Cela passe par le non-travail et non-retournement du sol.

 

Ce n’est pas simple d’abandonner ces pratiques de travail du sol

Effectivement, le cerveau fait très souvent de la résistance ! Cependant, il est possible d’y aller par palier. Personnellement, cela fait maintenant plusieurs années que je ne touche plus à mon sol lors de sa préparation et pour vous raconter mon parcours personnel sur le travail du sol : Lorsque j’ai fait mon premier potager, j’ai eu le réflexe de prendre la bêche et de préparer mon sol au printemps. Ce n’est qu’après, à force de lecture et de formation que j’ai, bien entendu, compris mon erreur et malgré ces connaissances acquises, on reste tenté pendant un certains temps qui peut varier d’un jardinier à un autre, de travailler le sol. De ce fait, dès la seconde année, j’ai pris le taureau par les cornes et surtout, j’ai rangé la bêche que j’ai remplacé par la fourche-bêche afin de m’habituer à seulement aérer le sol même si parfois, j’avais tendance à vouloir absolument retourner la terre … Ensuite, j’ai découvert bien entendu la grelinette ou ce qu’on appel (dans certains magasins) la bio-fourche qui va permettre de préserver la vie biologique du sol, de ne pas la perturber tout en ayant cette sensation (bizarre) de travailler le sol, histoire que notre cerveau ne soit pas trop perturbé lui aussi ! Je pense que ce cheminement doit se faire petit à petit, il faut se pencher sur les tenants et aboutissants, comprendre le pourquoi du comment en clair … Jusqu’au jour où, naturellement, vous allez tout simplement ranger la grelinette et passer à l’étape suivante qui est celui du non-travail du sol. 

 

Et vous, où en êtes-vous sur ce point ? Avez-vous rangé vos bêches et votre motoculteur ? Etes-vous au stade de l’aération du sol ou déjà au non-travail de ce dernier ? Je vous invite à utiliser les commentaires pour partager votre expérience sur le sujet 😉

 

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