Vous avez dit bio ?

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“Bonjour, cet article est un article invité de Gilles Dubus, a qui je laisse, avec grand plaisir, mon clavier. Bonne lecture à vous et à très bientôt. Yannick”

Pour ceux et celles qui ne me connaissent pas encore, je me présente brièvement : je m’appelle Gilles Dubus et suis maraicher bio en Dordogne et accessoirement auteur du Blog du Jardinier Bio.

Je tiens tout d’abord à remercier chaleureusement Yannick qui m’accueille à nouveau sur son blog…

Lorsque l’on demande au gens ce qu’est le bio, beaucoup répondent que, dès lors que l’on n’emploie pas de traitement chimique, on peut parler de bio. S’il est vrai que le bio exclut tout produit de traitement chimique, ce n’est pas sa seule contrainte, loin s’en faut.

Bien que les jardiniers amateurs ne soient pas tenus au respect des règles de production biologique, il me semble donc opportun de présenter ici les fondements qui définissent l’agriculture biologique, ceci afin de mieux définir ce qu’est le bio,

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LE LABEL AB

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Selon l’Agence Bio, organisme en charge du développement et de la promotion de l’Agriculture Biologique, le label AB « garantit une qualité attachée à un mode de production respectueux de l’environnement et du bien-être animal« .

L’Agriculture Biologique se distingue par un mode de production dont le cahier des charges stipule notamment  :

  • La non-utilisation de produits chimiques de synthèse. Ainsi les produits de traitements (insecticides, fongicides, désherbants…), mais aussi les terreaux et engrais doivent être des produits naturels autorisés en Agriculture Biologique. Ces produits doivent être certifiés par un organisme agréé et porter la mention « Produits utilisables en Agriculture Biologique ».
  • De même, les semences et plants utilisés doivent être issus de l’Agriculture Biologique (des dérogation sont toutefois accordées pour variétés de semences ou de plants introuvables sur le territoire).
  • La non-utilisation d’OGM , bien que la nouvelle règlementation européenne tolère la présence accidentelle de traces d’OGM…
  • Le recyclage des matières organiques, la rotation des cultures et la lutte biologique constituent également des principes élémentaires de l’agriculture biologique.
  • L’élevage, de type extensif, fait appel aux médecines douces et respecte le bien être des animaux.

Tout au long de la filière, les opérateurs de l’agriculture biologique respectent un cahier des charges rigoureux qui privilégie les procédés respectueux de l’écosystème et non polluants.

Ils sont ainsi régulièrement contrôlés par des organismes agréés (Ecocert, Qualité France, Agrocert…) qui délivrent un certificat de conformité au mode de production biologique. C’est ce certificat qui donne le droit de commercialiser un produit sous le Label AB (identifiable au logo AB et au nouveau logo européen).

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Mais au delà  de ces règlementations, le bio est aussi une philosophie…

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LA PHILOSOPHIE DU BIO

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Bio vient du grec « bios » qui signifie VIE.

Certains professionnels et amateurs du bio ont parfois tendance à l’oublier. Vouloir éliminer méticuleusement toute herbe spontanée dans le potager est non seulement du temps perdu, mais cela va à l’encontre de cette notion fondamentale qu’est le respect des différentes formes de vie. Je ne développerai pas plus ici cette idée, car elle a déjà  été traitée dans quelques uns de mes articles, que ce soit sur mon blog ou sur celui de Yannick.

Néanmoins, quand je lis sur quelques blogs ou forums que les agriculteurs biologiques devraient se remettre en question, sous prétexte qu’ils travaillent la terre par exemple, je ne peux que m’insurger…Tout d’abord parce que nombre d’agriculteurs bio ont compris que l’on pouvait, dans certaines conditions (cultiver une petite surface, disposé du matériel adapté…) se passer du travail de la terre. D’autre part parce que la permaculture, le mulching ou le BRF sont des composantes, parmi d’autres, du bio.

Il n’existe en effet pas une unique façon (qui serait la seule valable à en écouter certains) de cultiver bio, mais une multitude…Un maraicher fournissant de grandes enseignes ou des collectivités n’a pas les mêmes contraintes de production et, de ce fait, ne travaillera évidemment pas de la même façon qu’un petit cultivateur comme moi, qui ne livre que quelques familles. L’un comme l’autre avons une utilité. Et lui comme moi méritons le respect.

N’est-il pas important que nos enfants puissent aujourd’hui avoir droit à une nourriture de qualité à la cantine scolaire ?  Cette évolution est d’ailleurs longue à se concrétiser dans les faits (on est encore loin des 20 % d’aliments bio prescrits…), justement parce que nous manquons de producteurs engagés en agriculture biologique. Et, ce n’est certainement pas moi, avec ma petite production, qui pourrait satisfaire à cette demande.

Aussi, même si je ne partage pas forcément certaines pratiques ayant encore relativement peu évoluées par rapport à l’agriculture conventionnelle (ou chimique), je considère néanmoins que les « gros » producteurs bio sont indispensables et je tiens ici à leur témoigner tout mon respect.

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LES DIFFERENTES APPROCHES

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Comme nous venons de le voir, il existe une multitude de « courants » en agriculture biologique. Je vais essayer ici d’en présenter succinctement les principaux. Etant entendu que ces tentatives de définition n’engagent que moi et sont ouvertes aux commentaires et critiques (constructives)…

La Biodynamie

Inventée par Rudolph Steiner (philosophe et occultiste autrichien, fondateur de l’anthroposophie) qui en présenta les fondements dans un cycle de conférences en 1924 (conférences recueillies dans un livre « Agriculture. Fondements spirituels de la méthode Bio-dynamique« ), la méthode l’agriculture biodynamique considère la ferme comme un organisme vivant, le plus diversifié (végétaux et animaux) et autonome (pas d’intrants) possible.

Basée sur les relations entre le monde du vivant et des principes ésotériques fort complexes, les bio-dynamistes utilisent des préparations spécifiques pour stimuler les plantes et ont pour objectif principal de produire des aliments de grandes qualités nutritives (ce que tendraient à démontrer certaines études).

Les productions bio-dynamiques sont commercialisées sous le Label Demeter.

La Permaculture

Pour simplifier les choses, je regrouperai dans cette catégorie toute les pratiques basées sur le non travail du sol et visant à améliorer celui-ci (cultures sur buttes, mulching, BRF…) bien qu’historiquement, ce ne soit pas juste.

En effet, la permaculture telle qu’elle a été présentée par Masanobu Fukuoka, micro-biologiste et agriculteur japonais, dans La révolution d’un seul brin de paille : Une introduction à l’agriculture sauvage”, exclut toute fertilisation (même le compost, mulch ou BRF) et se fonde sur le non-agir. Ainsi les semences sont simplement enrobées d’argiles et semées à la volée dans le champ…Si cette méthode a le mérite d’être on ne peut plus naturelles, les rendements réels permettent difficilement à un professionnel de vivre de son activité (ce que contesteront certains, je n’en doute pas…).

Quoi qu’il en soit, ces approches visant à respecter au mieux la vie du sol méritent toute notre attention et sont, je pense, des méthodes à privilégier dans un jardin familial.

Il n’existe à ma connaissance aucun label particulier à la permaculture.

L’Agroforesterie

Comme son nom l’indique, l’agroforesterie allie agriculture et forêt. En pratique, les cultures bénéficient de l’humus, de la diversité végétale ou encore  de l’ombrage d’une forêt pour de développer de façon équilibrée.

Ce type d’agriculture, encore très marginal, est amené à se développé, j’en suis persuadé, dans les années à venir…

L’Agriculture Biologique à taille humaine

Pratiquée sur des surfaces relativement réduites et impliquant des mises au repos importantes, l’agriculture biologique à taille humaine, ou familiale, emprunte souvent des techniques aux différents courants présentés ci-avant.

Le travail manuel (houe à pousser pour sarcler ou butter, semoirs manuels) ou encore la traction animale (qui connait un regain d’intérêt ses derniers temps) y sont privilégiés, bien que n’excluant pas la mécanisation.

L’objectif prioritaire n’est pas le rendement, mais la fertilité des sols et la qualité des aliments. Ce type d’agriculture constitue en quelque sorte un pont entre les différentes approches présentées ci-dessus et une agriculture biologique plus intensive.

L’agriculteur travaillant ainsi peut espérer tirer un revenu décent de son travail en commercialisant en vente directe sa production (marchés, système de paniers, vente à la ferme…)

L’Agriculture Biologique Intensive

Répondant en cela aux besoins de la grande distribution, des enseignes du bio ou encore des collectivités, l’agriculture biologique intensive vise à produire en grande quantité des aliments répondant à des normes relativement strictes de production (Label AB).

L’agriculture biologique intensive se pratique sur des surfaces importantes et requiert une mécanisation importante, un matériel des plus pointu (ce qui est souvent la cause de situations d’endettements importants à l’instar des agriculteurs conventionnels), une grande technicité mais également une main-d’oeuvre importante pour certaines tâches difficilement mécanisables.

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EN GUISE DE CONCLUSION

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Notons que la nouvelle règlementation européenne tend à plus de souplesse, au détriment de la qualité et de la préservation de l’environnement. Face à cela, de nouveaux labels et mentions apparaissent ou sont à l’étude pour préserver la cohérence de l’Agriculture Biologique…au risque d’embrouiller un peu plus les consommateurs. Et faisant peser des charges supplémentaires sur les producteurs.

Nature et Progrès est une mention déjà ancienne et relativement connue ayant un cahier des charges plus exigeants que le label AB : fermes 100% bio, usage des fertilisants règlementé et limité, traitements vétérinaires allopathiques limités, alimentation des animaux 100% bio, sans ensilage ni vitamines de synthèse, limitation de la taille des élevages et de la densité des animaux présents, lien au sol, etc …

(source:http://www.natureetprogres.org/producteurs/professionnels_nature_progres.php)

Dès lors, je pense que chacun peut faire avec ce qui existe déjà, selon ses pratiques, ses convictions et sa propre conscience…

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Je ne doute pas que cet article amènera de nombreuses réactions…vos commentaires sont donc bienvenus pour lancer le débat !

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