Avec ses jolies tiges rouges et son goût acidulé, la rhubarbe tient une place à parti dans mon panthéon des meilleurs fruits. Je l’aime en crumble ou tout simplement en compote, et j’étudie sérieusement les recettes anglaises qui les préparent en salé. En prime, accueillir Rheum rhabarbarum au jardin présente de nombreux avantages. Je vous explique comment bien planter, cultiver et récolter la rhubarbe pour en profiter pour la prochaine décennie !
La rhubarbe, une vivace précieuse
Un légume qui dure très longtemps
D’abord, dissipons un malentendu : la rhubarbe (Rheum rhabarbarum) est un légume, et plus précisément un légume-tige. Malgré son utilisation dans les tartes et les compotes, elle ne fait pas partie des fruits. Elle trouve donc sa place tout naturellement au potager.
La rhubarbe est une plante vivace de la famille des polygonacées, originaire d’Asie. Comme le chou Daubenton, elle est considérée comme un légume perpétuel, à savoir qu’une fois plantée en terre, elle peut être récoltée pendant plusieurs années. Une aubaine par rapport aux légumes annuels que sont les haricots ou les courges par exemple. Elle résiste en prime aux températures négatives, malgré sa disparition quasi-totale pendant l’hiver.
Son autre caractéristique est sa belle taille : elle peut atteindre 50 cm de haut pour 1,5 m d’envergure. Ses pétioles (ou tiges) rouge vif tranchent sur son feuillage vert franc, légèrement gaufré. Attention, les feuilles ne peuvent pas être consommées : elles contiennent de l’acide oxalique toxique. Lisez la fin de l’article pour voir comment valoriser ces feuilles !
Quelles variétés de rhubarbe choisir ?
Il est relativement compliqué de trouver des variétés bien identifiées dans les jardineries ou les pépinières autour de chez moi. La plupart du temps, elles se nomment juste Rhubarbe ! Mais certaines variétés se démarquent sur le plan de la saveur ou de la couleur de leur pétiole. Cet article vous donne le nom de quelques cultivars à ne pas manquer. Vous trouverez aussi régulièrement ‘Victoria’ ou ‘Parangon’, toutes deux très productives.
L’emplacement parfait pour la rhubarbe
Bien placer la rhubarbe au potager
Pour profiter longtemps de cette belle vivace, je lui ai préparé un coin douillet pour la planter : ensoleillé, une terre humide et bien drainée. Attention, pour les potagers trop au soleil, consacrez-lui l’emplacement le plus ombragé de votre potager.
La rhubarbe peut se semer si on est doté d’une patience d’ange. J’avoue que c’est une option que je n’ai même pas envisagée, tant il me paraît plus pratique d’acheter un plant directement. Mais il est tout à fait possible de semer 2-3 graines en automne dans un godet sous abri ou au printemps en pleine terre. Eclaircissez et laissez grandir tranquillement les plants les plus vigoureux. Le repiquage s’effectue de septembre à mars.
Avec quoi planter la rhubarbe ?
La rhubarbe se plaira avec des aromatiques d’ombre comme la menthe ou la ciboulette. Certains jardiniers recommandent de profiter de l’ombrage de ses grandes feuilles pour faire pousser en dessous des salades, mais je trouve cela peu pratique. En revanche, le compagnonnage avec les fraises semble fonctionner.
Quand planter la rhubarbe et comment bien procéder ?
2 périodes pour la plantation : l’automne et le printemps
La rhubarbe se plante en octobre, mais vous pouvez aussi procéder à la plantation de la rhubarbe au printemps. L’avantage de l’automne est qu’on peut avoir des tiges dès la belle saison, et du printemps, c’est qu’on évite une saison trop froide ou trop humide au jeune plant de rhubarbe.
Vous trouverez des plants en conteneurs, mais aussi des racines nues, moins chères. Attention à bien planter ces dernières aussitôt après l’achat, ou à conserver en silo.
Les 6 étapes de plantation de la rhubarbe
1. Préparez le sol : désherbez et enrichissez le tout
2. Creusez un trou un peu plus grand que le système racinaire
3. Disposez la rhubarbe afin que la couronne de feuilles affleure du sol
4. Eloignez chaque plant d’1 mètre
5. Tassez au pied
6. Arrosez généreusement
Bien cultiver la rhubarbe
La rhubarbe n’est pas très exigeante. Tout juste demandera-t-elle d’être arrosée en cas de chaleur estivale. Je n’oublie pas un bon paillage au pied pour maintenir l’humidité du sol.
En hiver, placez la souche sous un paillage ou un mulch qui la protègera du gel. Au début de printemps, vous pouvez aussi la protéger sous cloche pour lui éviter l’exposition aux gelées tardives et aux premiers appétits des limaces. Cette méthode permet aussi le forçage des jeunes tiges. Apportez-lui ensuite un peu de compost pour commencer la saison avec un sol riche.
Ma rhubarbe a tendance à prendre ses aises : je n’hésite pas à la diviser à l’automne ou au printemps et la distribuer à qui le souhaite. Ainsi, ils peuvent directement placer l’éclat en terre.
Récolter la rhubarbe
Avec la rhubarbe, j’apprends la patience : il ne faut pas du tout récolter les tiges la première année, au risque de compromettre la croissance future. Soyez aussi parcimonieux la seconde année.
Mais ensuite, pas de souci, je peux me permettre de prélever des tiges de rhubarbe pendant l’été (juillet et août) : les tiges sont suffisamment grandes et épaisses pour être cuisinées. Ensuite, les pétioles s’affinent, signe que la rhubarbe a besoin de reconstituer ses réserves. En laissant au minimum deux tiges, vous pouvez espérer conserver une bonne décennie votre plant et en récolter chaque année.
Et vous vous rappelez des feuilles toxiques ? Sachez qu’elles le sont aussi pour certains parasites du jardin : j’ai donc testé le purin de rhubarbe pour m’en débarrasser. En cuisine, la rhubarbe devra impérativement être préparée avec du sucre pour contrer son acidité. Personnellement, j’adore l’associer avec des pommes en compote, mais aussi avec des fraises dans un crumble..